Présidentbêta

Président › Guide du jeu

Guide complet de Président

Président est un jeu de simulation politique où vous dirigez la France en écrivant librement vos ordres. Ce guide explique comment jouer, puis ouvre le capot : les règles et les formules exactes avec lesquelles le moteur tranche les votes, les censures, les référendums, les guerres, les révoltes et les élections.

Guide de la version 0.38.0 (bêta), mis à jour le 12 octobre 2026. Les valeurs sont celles du moteur à cette date : l'équilibrage peut encore bouger pendant la bêta.

La cour de l'Élysée dessinée au crayon : une voiture officielle entre deux gardes républicains
Le jeu commence le jour de votre arrivée à l'Élysée.

Démarrer en deux minutes

Président se joue dans le navigateur. Il est gratuit tant qu'il est en version bêta. Deux façons de commencer :

Votre clé reste chez vous. Elle est enregistrée uniquement dans votre navigateur et n'est jamais envoyée au serveur du jeu. Détails sur la page Confidentialité et données.

Qui décide de quoi : le moteur et le narrateur

Le jeu a deux cerveaux. Le moteur, écrit en dur, tranche tout ce qui se compte : votes, censures, référendums, élections, guerres, fuites, colère, destitution. Le narrateur, un modèle d'IA, écrit le récit, joue les personnages et propose l'évolution des indicateurs, que le moteur borne ensuite. Les formules de ce guide sont celles du moteur : l'IA ne peut pas les contourner.

Les six profils de président

Le profil fixe votre position politique sur six axes, votre parti, votre popularité de départ dans chaque catégorie de Français et votre communauté sur X.

ProfilOrigineAtoutFaiblesseGroupe minimal
Centriste européenAncien banquier d'affairesConfiance des marchés et de Bruxelles, réseau d'éliteImage de président des riches, base parlementaire fragilelibre
Tribun de gauche radicaleMilitant de longue dateMobilisation de la rue, charisme de tribuneDéfiance des marchés et du patronat, conflits avec l'Union européennelibre
Figure nationale-populisteHéritier d'un mouvement populaireBase populaire large et fidèleIsolement diplomatique, méfiance de l'administration et de la financelibre
Souverainiste gaullistePartisan de la sortie de l'Union européenneCohérence doctrinale, autorité d'ÉtatPeu de relais, marchés et Bruxelles hostiles80 députés
Libéral radicalÉlu local réformateurSoutien du patronat et des marchésRisque élevé de blocage social et de grèves80 députés
Militant de la démocratie directeProfesseur devenu porte-voix du référendum d'initiative citoyenneFerveur populaire, promesse simple : rendre le pouvoir aux citoyens. Peut engager la VIe République dès le quatrième moisAucun relais dans les partis, l'administration, les médias ni les marchés. Tout le monde institutionnel est contre lui80 députés

Vous choisissez aussi votre score de victoire au second tour (de 50,5 à 66 %), qui fixe votre aura de départ :

aura initiale = 40 + (score − 50) × 2,7, bornée entre 20 et 80

Un président élu à 51 % part avec 43 d'aura, un président élu à 60 % avec 67, et le plafond de 80 est atteint à 65 %. Le profil « démocratie directe » peut engager une nouvelle Constitution dès le quatrième mois, et son référendum constituant part avec un avantage.

L'Assemblée nationale : sièges, alliés, fiabilité

L'Assemblée compte 577 sièges ; la majorité absolue est à 289. À la création, vous réglez la taille de votre groupe et les autres sièges se redistribuent en proportion. Le mode libre permet de supprimer des partis ou d'en créer avec un concept de votre choix.

Chaque parti est placé sur six axes, de −1 à 1 : économie (interventionnisme ou libéralisme), immigration (ouverture ou fermeture), international (européen ou souverainiste), institutions (respect ou rupture), société (progressiste ou conservateur), climat (priorité au climat ou à la croissance). La distance entre deux partis se calcule sur ces six axes.

Un allié ne vous apporte pas tous ses sièges. Sa fiabilité dépend de sa distance avec votre parti :

fiabilité = 100 − distance × 160, bornée entre 10 et 95 % soutien parlementaire = vos sièges + somme (sièges de l'allié × fiabilité)

Le régime affiché en découle : majorité présidentielle à 289 sièges de soutien ou plus, majorité relative en dessous, cohabitation si une coalition d'opposition proche idéologiquement atteint 289 sièges après des législatives. En cohabitation, vous devez nommer un Premier ministre de ce camp, et son parti soutient les textes du gouvernement mais pas les vôtres.

Les six phases du mandat

Le mandat dure 60 mois. Il traverse six phases, qui règlent le nombre de dossiers à trancher chaque mois, les sujets qui arrivent sur votre bureau et les armes disponibles.

PhaseÀ partir duDossiers par moisImprévus tirésSujets dominants
1. Prise de fonctionmois 110nominations, premiers arbitrages simples, installation du gouvernement
2. Gouvernermois 421budget, Assemblée nationale, premières réformes, ordonnances, exigences de la Commission européenne
3. Social et économiquemois 1021grèves, syndicats, marchés financiers, réformes sociales, sécurité, Commission européenne et Banque centrale européenne
4. Internationalmois 1932Union européenne, Allemagne, Ukraine, Afrique, Chine, États-Unis, armées
5. Institutionsmois 3132dissolution, référendum, Conseil constitutionnel, réformes institutionnelles
6. Pleine puissancemois 4632tous les sujets, dissuasion, grandes transformations, préparation de la présidentielle

Un mois de jeu, étape par étape

Chaque tour dure un mois. Les élections, les révoltes et les crises majeures passent en semaine par semaine.

Le dé d'exécution

Un ordre du président est exécuté par l'État. Reste à savoir s'il aboutit. Pour chaque décision, le moteur tire un nombre de 0 à 100 et le corrige :

résultat = tirage + (compétence moyenne des ministres − 60) × 0,25 + (solidité du texte − 50) × 0,6 au-dessus de 42 : réussite · de 16 à 42 : résultat partiel · 16 ou moins : échec

Avec un gouvernement de compétence moyenne, cela donne environ 58 % de réussites, 26 % de résultats partiels et 16 % d'échecs. Une fois sur cinq, une complication s'ajoute : dépassement de coût, fuite dans la presse, effet secondaire, réaction adverse. Un échec vient toujours d'un obstacle réel (Assemblée, juge, syndicat, Bruxelles, argent), jamais d'un ordre « trop vague ».

Déléguer un dossier

La qualité du travail d'un ministre vaut sa compétence, plus ou moins 30 points de hasard, moins 15 si votre relation avec lui est sous 40. Au-dessus de 85, travail remarquable ; au-dessus de 55, aucune erreur ; au-dessus de 35, petite erreur ; en dessous, erreur sérieuse.

Ordres graves : la fenêtre de confirmation

Quand le jeu croit lire dans vos directives un ordre d'attaque ou un coup de force (arrêter un opposant, fermer un média, loi martiale…), il affiche « Confirmez vos ordres ». Les cases sont décochées par défaut : rien n'est exécuté sans votre accord. L'arme « Engager les armées », elle, est un ordre direct.

Les indicateurs et l'opinion

Le tableau de bord s'étoffe au fil des phases. Chaque mois, le narrateur propose une évolution et le moteur la borne : un indicateur ne peut pas bouger de plus que sa variation maximale.

IndicateurDépartVariation maximale par moisBornesApparaît en phase
Croissance0,8 %± 0,8-8 à 61
Chômage7,6 %± 0,43 à 201
Déficit public5,4 % du PIB± 0,5-10 à 152
Dette publique116 % du PIB± 1,540 à 2502
Taux d'emprunt à dix ans3,4 %± 0,40 à 122
Écart de taux avec l'Allemagne75 pb± 400 à 6002
Tensions sociales45 /100± 100 à 1003
Ordre public et sécurité55 /100± 80 à 1003
Relations avec l'Union européenne60 /100± 80 à 1001
Influence internationale55 /100± 60 à 1004
Capacité militaire58 /100± 50 à 1005
Valeur du franc (base 100) (après une sortie de l'Union)100± 820 à 2001
Réserves de change (après une sortie de l'Union)180 Md€± 400 à 5001

Ces bornes s'élargissent quand il se passe quelque chose de grand : × 2 pendant un grand projet ou dans son sillage, × 2,5 après un choc, × 4 le mois où un projet à long terme aboutit.

La popularité

La popularité n'est pas un chiffre libre : c'est la moyenne pondérée de votre cote dans huit catégories de Français.

CatégoriePoids dans la popularité
Ouvriers et employés20 %
Cadres et professions intellectuelles14 %
Retraités27 %
Jeunes de 18 à 30 ans12 %
Agriculteurs et ruraux8 %
Fonctionnaires9 %
Indépendants et patrons5 %
Quartiers populaires5 %

L'opinion réagit à la mesure des actes : jusqu'à 15 points par catégorie en un mois, 22 en cas de choc. Les retraités pèsent à eux seuls plus d'un quart du total. Survoler la tuile Popularité affiche qui approuve, qui rejette, et pourquoi.

L'aura présidentielle et la provocation

L'aura est votre état de grâce. Elle fond de façon régulière et disparaît au bout de six mois :

aura du mois = aura initiale × (1 − mois écoulés ÷ 6)

Tant qu'elle existe, elle aide les votes (voir plus bas), freine les motions de censure et pèse dans les référendums.

La provocation mesure ce que vos gestes ont d'excessif aux yeux des institutions. Chaque arme constitutionnelle en ajoute (voir le tableau des armes), avec 5 points de plus si l'arme est lourde (10 ou plus) et que l'aura est encore là. Elle retombe de 3 points par mois. Au-dessus de 100, l'aura est brisée pour de bon. Une provocation élevée coûte des voix à l'Assemblée, nourrit la censure, la colère du pays et la pression de Bruxelles. Dans l'en-tête, elle n'apparaît qu'en alerte, au-dessus de 70.

Faire voter une loi

Un projet de loi est d'abord situé par le jeu sur les six axes politiques. Chaque groupe vote ensuite en bloc, avec une probabilité de voter pour :

votre groupe : 96 % autre groupe : 50 % + (0,32 − distance entre le groupe et le texte) × 1,7 + 22 points s'il est votre allié + aura ÷ 400 − provocation ÷ 700 + (solidité du texte − 50) ÷ 250 bornée entre 3 % et 97 %

Un groupe qui ne vote pas pour s'abstient une fois sur trois (35 %), sinon il vote contre. Entre 82 et 100 % de ses députés suivent la consigne ; les autres sont absents. Le texte est adopté si les pour dépassent les contre. En cohabitation, le parti du Premier ministre gagne 30 points sur les textes du gouvernement et en perd 15 sur les vôtres.

La solidité d'un texte

Chaque texte a une note de solidité sur 100. Elle joue trois fois : sur le vote, sur le Conseil constitutionnel et sur la mise en œuvre.

note d'un rapport = compétence moyenne des participants × 0,55 + 6 par expert extérieur au gouvernement (12 au plus), ou − 5 s'il n'y en a aucun + 5 par tour de table (5 tours comptés au plus) + 2 par arbitrage de votre part (6 au plus) + 5 si trois sensibilités politiques au moins sont autour de la table − 12 s'il n'y a qu'une personne

Le Conseil constitutionnel

Une loi adoptée est presque toujours déférée au Conseil par l'opposition. Un texte bâclé y laisse des plumes :

risque de censure = (50 − solidité) ÷ 70 + 5 %, borné entre 3 % et 75 %

Un texte noté 75 ne risque que 3 %. Un texte noté 40 risque 19 %. La censure est partielle, sauf pour un texte sous 25 de solidité, qui peut être annulé en entier (35 % des cas). Votre propre saisine, elle, donne 25 % de censure totale, 35 % de censure partielle, 40 % de validation.

49.3, motion de censure et chute du gouvernement

Le 49.3 fait adopter un texte sans vote, mais déclenche une motion de censure. Il s'utilise une fois par session pour un texte ordinaire (la session commence en octobre), sans limite pour un budget. Chaque usage coûte 1 à 3 points d'opinion dans toutes les catégories.

La censure passe à 289 voix. Chaque groupe autre que le vôtre la vote avec la probabilité :

18 % + distance avec votre parti × 1,1 − aura ÷ 200 + provocation ÷ 400 − 55 points s'il est votre allié + 15 points après un 49.3, et (50 − solidité) ÷ 400 bornée entre 2 % et 97 %

Si elle est adoptée, le gouvernement tombe, le texte est rejeté, le Premier ministre s'en va et vous perdez 1 à 3 points partout. Il faut alors nommer un nouveau Premier ministre.

Le budget doit être adopté avant le 31 décembre : le compteur repart chaque année en octobre.

Référendum et dissolution

Référendum

Disponible dès le quatrième mois. Le score du oui se calcule ainsi :

élan = 0,35 + (popularité − 40) ÷ 80 + aura ÷ 400 − provocation ÷ 900 + (solidité − 50) ÷ 500 score du oui = 50 + (élan − 0,5) × 40, plus ou moins 6 points de hasard, borné entre 25 et 75 %

À 40 % de popularité, sans aura, le oui part autour de 44 % : il faut être populaire pour gagner. Un non coûte 4 à 8 points dans toutes les catégories. Un projet de préparation abouti donne 10 points d'élan au référendum du grand projet correspondant.

Dissolution

La dissolution ouvre quatre semaines de campagne législative, jouées semaine par semaine avec des sondages. Les sièges se répartissent selon l'évolution de chaque parti pendant la campagne :

poids d'un parti = ses sièges × (score final ÷ score de départ) puissance 1,5, puis répartition sur 577 sièges

Gagner trois points de sondage rapporte donc bien plus que trois points de sièges. Pas de nouvelle dissolution dans les douze mois, ni pendant une élection, une crise ou l'application de l'article 16.

Toutes les armes constitutionnelles

Chaque arme se débloque à une phase donnée et ajoute de la provocation. On ne peut en engager qu'une de chaque sorte par mois, sauf les projets de loi et les opérations militaires.

ArmePhaseCe qu'elle faitCe qu'elle rapporteLe risqueConditionsProvocation
Projet de loi1Proposer un texte au vote des députés.Une réforme adoptée a toute sa force juridique.Un rejet est une défaite publique.Le vote se joue groupe par groupe.+0
Dissolution2Renvoyer les députés devant les électeurs.Peut créer une majorité plus favorable.Peut en créer une pire et faire perdre le contrôle.Pas de nouvelle dissolution dans l'année qui suit.+15
49.32Faire adopter un texte sans vote, sauf si les députés votent la censure.Fait passer une réforme sans majorité.Déclenche une motion de censure et la colère de l'opinion.Une fois par session pour un texte ordinaire, sans limite pour les budgets. Décidé avec le Premier ministre.+6
Ordonnances2Laisser le gouvernement écrire la loi lui-même pendant un temps limité.Rapide, évite de longs débats.Il faut d'abord un vote d'autorisation, puis la ratification peut échouer.Autorisation préalable du Parlement.+4
Saisine du Conseil constitutionnel2Demander aux juges de vérifier qu'une loi respecte la Constitution.Sécurise un texte ou bloque celui d'un adversaire.Une censure est une défaite publique.Aucune.+0
Message au Parlement1Parler devant les députés et sénateurs réunis.Fixe le cap et impose l'agenda.Peut crisper les oppositions.Aucune.+0
Session extraordinaire2Convoquer le Parlement en dehors des périodes normales.Force le travail sur un texte précis.Fatigue et hostilité des élus.Un décret suffit.+2
Changer de Premier ministre1Obtenir la démission du Premier ministre et en nommer un autre.Remet les compteurs à zéro.Coût de crédibilité, ouvre une crise.Le président n'a pas de pouvoir formel de révocation. Impossible en cohabitation.+5
Grâce présidentielle3Dispenser une personne condamnée de sa peine.Signal politique fort.Polémique assurée.Aucune.+6
État d'urgence1Donner à l'État des pouvoirs de police renforcés.Rétablit l'ordre rapidement.Atteinte aux libertés, tension avec les juges et les associations.Décret en Conseil des ministres, prolongation par la loi au-delà de douze jours.+15
Référendum2Poser une question directement aux Français.Contourne l'Assemblée, légitimité forte si le oui l'emporte.Un non est un désaveu personnel.Organisation des pouvoirs publics, politique économique, sociale ou environnementale, traités.+8
Engager les armées1Ordonner une opération militaire, y compris contre un autre pays. Vous êtes le chef des armées : l'ordre est exécuté.Pèse dans une crise, protège des intérêts, peut faire plier un adversaire.Riposte du pays visé et de ses alliés, pertes, démissions, colère du pays, destitution si l'acte est jugé indéfendable.Le Parlement est informé sous trois jours et vote au-delà de quatre mois. Laissez le pays vide pour une opération extérieure classique. Toutes les formes de guerre sont permises, jusqu'à la guerre totale. Une seule met fin à la partie : la frappe nucléaire contre un pays qui a l'arme nucléaire ou un protecteur nucléaire.+6
Nominations clés5Choisir les titulaires de postes stratégiques (Conseil constitutionnel, grandes institutions).Influence durable.Accusation de copinage.Le président nomme trois des neuf membres du Conseil constitutionnel.+3
Article 16, pleins pouvoirs6Concentrer tous les pouvoirs face à une menace très grave.Liberté d'agir très large.Coût politique immense, contrôle du Conseil constitutionnel.Menace grave et immédiate, institutions paralysées. Réservé aux crises majeures, aux révoltes et aux guerres.+60
Signal de dissuasion1Rappeler publiquement la doctrine nucléaire ou la faire évoluer.Pèse sur un adversaire, rassure les alliés.Escalade et inquiétude de l'opinion.Décision exclusive du président.+20

Gouvernement, téléphone et réunions

Le gouvernement

Vous proposez un nom pour chaque poste, ou laissez le jeu choisir. Le jeu calcule une probabilité d'acceptation ; une personnalité peut refuser. Chaque ministre a une compétence, une relation avec vous et une sensibilité politique. Vous pouvez créer ou supprimer des ministères et changer de Premier ministre (sauf en cohabitation).

Le téléphone

Vous pouvez appeler n'importe qui : ministre, opposant, patron, syndicaliste, artiste. Trois conversations en parallèle, une discussion par personne et par tour. Chaque message entame la patience de votre interlocuteur (6 points, plus ou moins selon ce que vous dites). À zéro, il raccroche et votre relation perd 5 points. La patience remonte de 40 points chaque mois. Les ministres, préfets, chefs militaires et collaborateurs sont sous vos ordres : ils exécutent, et peuvent dire leur désaccord une fois. Les autres négocient librement. Chaque échange se termine par un compte rendu qui consigne les engagements pris.

Une fiche de renseignement en trois paliers est disponible sur chaque personne, avec une note approfondie de la DGSI.

Les réunions

Conseil des ministres, groupes de travail, comités secrets : une réunion de groupe par tour. Vous écrivez la mission, les participants débattent par tours de table, vous arbitrez, puis la séance se conclut par un rapport noté (voir « La solidité d'un texte ») qui propose des actes précis : loi, décret, circulaire. Utiliser un rapport pour un texte améliore de 4 points votre relation avec ses auteurs.

Fuites et taupe

Tout comité peut fuiter. Pas plus d'une fuite tous les quatre mois. Le risque, pour chaque membre qui a un mobile, augmente :

Après une première fuite, la même personne récidive tant qu'elle n'est pas démasquée. Le tableau « qui savait quoi » croise les fuites : les suspects sont ceux qui connaissaient toutes les informations sorties.

L'enquête de l'Intérieur coûte 2 points de provocation. Une fois sur sept environ (15 %), elle désigne un innocent. Sinon, sept fois sur dix, elle écarte un suspect pour de bon. Si la taupe est le ministre de l'Intérieur lui-même, l'enquête vous lance toujours sur une fausse piste. Vous pouvez ensuite accuser quelqu'un : sanctionner, lui parler ou pardonner. Démasquer la vraie source rassure le gouvernement ; se tromper de coupable laisse la taupe en place.

Le monde : relations, levier, tension

Le bouton « Monde » ouvre une carte de 170 pays. Chacun a une puissance de 1 à 5, une relation avec la France, une tension, et un dirigeant que vous pouvez joindre en ligne directe.

Le levier

Le levier dit ce que vous pouvez arracher à un pays dans une négociation :

puissance de la France = 3,6 + (capacité militaire − 58) ÷ 25 + (influence − 55) ÷ 40, entre 2 et 5 (− 0,4 si vous menez plus d'une guerre) levier = 35 + (puissance de la France − puissance du pays) × 11 + pression accumulée + 5 s'il est sous sanctions, + (score de la guerre − 50) × 0,8 si vous êtes en guerre borné entre 3 et 97

À 85 et plus, le levier est écrasant ; à 70, fort : le pays accepte des conditions défavorables. Sous 40, c'est lui qui pose les siennes. Sur la table de négociation, chacun voit ce que l'autre donne, et le bouton « Signer » ne s'active que si le dirigeant est prêt.

La tension

Une menace est toujours prise au sérieux. La tension retombe de 6 points par mois, jusqu'à un plancher qui dépend de la relation et des sanctions. Trop haute, elle dégénère :

Gestes immédiats

Sanctions, rappel de l'ambassadeur, rupture des relations. Chacun dégrade la relation et augmente la pression.

La guerre

« Engager les armées » est disponible dès le premier mois. L'armée obéit : elle ne refuse que la frappe nucléaire (15 % des cas) ou, très rarement, une attaque contre un allié (3 %). Six formes d'opération, de gravité croissante :

OpérationGravité
Démonstration de force (manœuvres, déploiement naval, survols)6
Blocus naval et aérien22
Frappes aériennes et de missiles28
Intervention terrestre45
Guerre totale65
Frappe nucléaire160

La gravité est multipliée par 1,5 contre un allié, par 1,2 contre une grande puissance, et réduite à 0,6 si le pays vous avait réellement provoqué. Elle alimente la provocation (la moitié), le risque de destitution et la colère du pays.

Le front, mois après mois

Une guerre a un score de 0 à 100. Chaque mois :

score = score + (capacité militaire − puissance du pays × 20) × 0,1, plus ou moins 9 points − 10 si un allié de l'adversaire est entré en guerre

Chaque mois de guerre coûte, pour un pays de puissance p : capacité militaire −(1 + 0,7 × p), déficit +0,08 × p, dette +0,25 × p, croissance −0,05 × p, et de la colère (0,5 si vous gagnez nettement, 1,5 + 0,4 × p sinon). La paix se négocie en ligne directe.

Une seule décision met fin à la partie à coup sûr : la frappe nucléaire contre un pays qui a l'arme nucléaire ou un protecteur nucléaire. Le jeu l'annonce en rouge avant de valider.

DGSE et renversements

Dans les pays de puissance 1 ou 2, la DGSE peut mener deux opérations par mois, une par pays.

OpérationChance de baseEn cas de réussite
Campagne d'influence62 %Relation +7, tension −6
Soutenir l'opposition52 %Instabilité +18, opérations suivantes facilitées
Protéger le pouvoir en place58 %Instabilité −22, relation +9, le pouvoir vous est redevable
Préparer un renversement26 %Un pouvoir ami s'installe

La chance monte avec votre influence internationale, la faiblesse et l'instabilité du pays, et de 22 points si vous y soutenez déjà l'opposition. Elle baisse de 12 points dans un pays aligné sur un grand bloc. En cas d'échec, six fois sur dix rien ne filtre ; quatre fois sur dix c'est le fiasco : agents exhibés à la télévision, relation −28 (le double pour un renversement raté), influence −4, et les pays du même bloc se braquent.

Les pays fragiles peuvent aussi basculer tout seuls. Le nouveau régime change la relation avec la France et peut dénoncer les accords signés.

Colère du pays et révoltes

La colère du pays, de 0 à 100, bouge chaque mois de −4 à +7 points. Ce qui la fait monter : les tensions sociales au-dessus de 50, une popularité sous 42 %, un chômage au-dessus de 8 %, une croissance négative, la provocation, chaque guerre en cours (+1,5). Ce qui la calme : la croissance, la popularité, et des médias réfractaires et un réseau X bien disposés.

Trois mouvances ont leur propre jauge : ultradroite nationaliste, gauche syndicale et socialiste, gauche révolutionnaire. Chacune réagit à ce qui la touche (cote chez les ouvriers, les ruraux, les jeunes, les fonctionnaires, les quartiers ; ordre public ; chômage ; votre ligne économique et migratoire), et d'autant plus vite que la colère générale est haute.

Le déclenchement

Pas plus d'une crise tous les cinq mois. Au-delà, chaque mois :

soulèvement général : possible à partir de 72 de colère, probabilité (colère − 68) ÷ 90 révolte d'une mouvance : possible à partir de 70, probabilité (jauge − 66) ÷ 110 après un choc grave (guerre, coup de force) : seuils abaissés de 15 points, probabilités doublées

Une révolte, semaine par semaine

Elle dure de 3 à 10 semaines et part avec une force de 25 à 70. Chaque semaine, vous décidez (négocier, céder, réprimer, parler au pays…) et la force des insurgés bouge de 15 points au plus selon votre réponse, plus un peu de hasard, et de 2 points de plus si l'ordre public est sous 40. À 100, le pouvoir tombe ; il tombe aussi si la force est encore à 70 ou plus à la dernière semaine. La révolte s'éteint quand la force retombe à 18 ou moins, ou sous 45 si vous avez réellement apaisé le pays. Une révolte terminée fait retomber la colère de 30 points, et la jauge de la mouvance de 35.

Destitution, coup d'État et emprise par la peur

La jauge « Risque de destitution » mesure vos manquements. Elle retombe de 6 points par mois. Ce qui la fait monter : un coup de force (10 points par degré de gravité, de 1 à 5), une opération militaire (la moitié de sa gravité), l'article 16 (+12), une défaite militaire (+30), un ordre que l'état-major refuse (+35).

À partir de 50, le Parlement peut se réunir en Haute Cour :

probabilité d'une procédure = (risque − 45) ÷ 120, plafonnée à 85 %, multipliée par votre bouclier bouclier de popularité = 1,4 − popularité ÷ 50, entre 0,25 et 1,1

À 60 % de popularité, le bouclier divise le risque par cinq. Le vote exige 385 voix à l'Assemblée (les deux tiers). L'opposition vote la destitution à 75 % et plus, vos alliés à 30 % et plus, et votre propre groupe ne commence à lâcher qu'au-delà de 80 de risque.

À partir de 120, un coup d'État militaire devient possible chaque mois : probabilité (risque − 100) ÷ 300, elle aussi réduite par le bouclier.

L'emprise par la peur

Faire arrêter des personnes (« Faire arrêter Untel » dans vos directives, après confirmation) installe une emprise par la peur. Plus elle est haute, moins le Parlement et l'armée osent agir : elle peut diviser par quatre le risque de procédure. Elle s'use de 1,5 point par mois et ne protège pas d'un soulèvement de la rue.

Bruxelles et l'Union européenne

Tant que la France est dans l'Union, une jauge « Pression de Bruxelles » monte avec le déficit, les nationalisations, les frontières fermées, les mesures imposées en force et le jugement du narrateur sur vos décisions.

PressionCe qui se passe
30Avertissement de la Commission
50Procédure ouverte, la BCE prend ses distances, les taux montent
70Fonds européens gelés
90Sanctions et ultimatum

À chaque palier, un message personnel arrive. Trois gestes par mois : négocier, céder, défier. Tout disparaît après une sortie de l'Union, qui ouvre d'autres indicateurs (valeur du franc, réserves de change) et de nouvelles armes.

Les médias et X

Trois mondes se partagent l'audience :

Des médias acquis amplifient vos bonnes nouvelles et amortissent les mauvaises auprès de leur public, jusqu'à 60 % si tous le sont ; des médias hostiles font l'inverse. Retraités et ruraux s'informent surtout par les grands médias, jeunes et quartiers par X et les réfractaires.

Pour retourner un média, appelez son propriétaire : il demande du concret (fréquences, fiscalité, contrats, nominations). Se rapprocher des milliardaires braque les réfractaires, et l'inverse. Ce qui se dit de vous sur X dépend de trois forces : votre propre communauté (45 %), les médias réfractaires et leurs relais (35 %), le propriétaire du réseau et son algorithme (20 %). Vous pouvez y publier un message par mois.

Projets à long terme, programmes de rupture et grands projets

Projets à long terme

Une grande transformation ne se fait pas en un mois. Un projet a un nom, un but, une durée de 2 à 24 mois, un pilote (ministre ou comité d'experts) et peut être secret. Huit projets en cours au plus. Vous pouvez le lancer par le bouton ou simplement l'écrire dans vos directives. Quatre gestes : priorité absolue (un seul projet à la fois), passer en force, appeler le pilote, abandonner.

Passer en force accélère beaucoup le projet et écarte les recours. En échange, chaque mois, le risque de destitution, la provocation et la pression de Bruxelles montent.

Programmes de rupture

Trois programmes lancent plusieurs projets d'un coup et déplacent l'opinion, les marchés et Bruxelles : Révolution socialiste (nationalisations, planification, contrôle ouvrier), Forteresse nationale (frontières fermées, préférence nationale, expulsions), Choc libéral (coupes massives, privatisations, impôt à taux unique). Trois projets aboutis font basculer le régime. Le narrateur a pour consigne de les appliquer réellement et d'en montrer les vraies conséquences.

Grands projets institutionnels

Sortie de l'Union européenne (retour du franc), fédération européenne, sortie du commandement de l'OTAN, nouvelle Constitution. Écrivez-le dans vos directives : le jeu reconnaît le projet, explique le chemin légal et propose de l'engager. Ils avancent par étapes, souvent avec un référendum.

La VIe République

Une fois la nouvelle Constitution adoptée, l'écran change et le moteur tient un calendrier de démocratie directe : tous les quatre mois, une initiative citoyenne est annoncée, puis votée le mois suivant. Vous pouvez faire campagne pour le oui, pour le non, ou vous taire. Un président populaire pèse sur le résultat. Un président très impopulaire dans un pays en colère peut subir un vote de révocation, qui met fin à la partie.

Unions de nations et BRICS

Depuis la carte du monde, vous pouvez fonder votre propre union : vous choisissez son nom, son niveau et les pays invités (quinze au plus à la fondation, deux acceptations au minimum).

NiveauNégociationCe que c'est
Partenariat renforcé3 moisSommets, voix commune à l'ONU, préférences commerciales
Marché commun6 moisLibre-échange, visas facilités, banque commune
Alliance intégrée12 moisDéfense mutuelle, état-major commun
Fédération24 moisGouvernement, armée, budget et monnaie communs ; référendum en France

Chaque pays répond selon sa relation avec la France, votre levier, ses alliances et ses rivaux. Un membre de l'Union européenne refuse presque toujours un marché commun concurrent ; un allié des États-Unis rechigne à une alliance intégrée ; deux rivaux refusent de siéger ensemble. Les hésitants tranchent le jour de la signature : appelez leurs dirigeants entre-temps.

Une union en vigueur garantit une relation élevée avec ses membres, un peu de croissance et d'influence, et un appui militaire à partir de l'alliance intégrée. Elle coûte la méfiance de Washington si un adversaire de l'Occident y siège, et la colère de Bruxelles dès le marché commun. Rejoindre les BRICS se négocie sur 4 mois, si vos relations avec ses cinq fondateurs sont correctes.

Présidentielle, réélection et succession

Deux mois avant la fin du mandat, la présidentielle commence, semaine par semaine, avec des sondages en direct.

score de départ = 50 + (popularité − 45) × 0,6 + (votre score − celui de l'adversaire au premier tour) × 0,3 borné entre 25 et 75 %, puis deux semaines de campagne et 2 points de hasard

Il faut dépasser 50 %. Une victoire ouvre un nouveau mandat de 60 mois, remet la provocation à zéro et redonne une aura, calculée comme la première, mais réduite de 40 % pour un second mandat.

La succession

Au second mandat, cinq dauphins apparaissent. Vous choisissez votre successeur, avec un risque de dissidence, et la partie continue avec lui pour deux mandats au plus : une partie complète peut donc couvrir vingt ans.

Le dossier réservé

Une enveloppe scellée de la DGSI, dans la colonne de droite, ouvre une enquête au long cours sur un réseau d'influence. L'écran passe en film noir et le Premier ministre gère les affaires courantes pendant que vous menez l'enquête. Tous les suspects, témoins et intermédiaires sont des personnages inventés.

Quatre jauges : avancement, preuves, pression, opinion. Chaque mois : trois ordres aux enquêteurs (auditions, perquisitions, gardes à vue, suivre l'argent, écoutes…), une consigne libre, et vos réponses aux pressions (tenir bon, céder en partie, dénoncer publiquement). Plus l'enquête monte, plus les coups sont durs : calomnies, intimidations, représailles économiques.

À 100 d'avancement, le procès s'ouvre et se conclut par un verdict en cinq degrés, de la victoire totale au fiasco, avec jusqu'à 14 points de popularité à la clé. À 100 de pression, le juge est dessaisi et l'enquête recule. Vous pouvez abandonner, au prix de l'opinion.

Comment se termine une partie

Chaque fin produit un bilan écrit et une affiche qui résume le mandat (chiffres clés, courbe de popularité, verdict), à télécharger ou à partager.

Sauvegardes, modèles d'IA et coût

Les parties sont enregistrées dans votre navigateur, sur trois emplacements. « Exporter » télécharge une copie, « Importer » la remet dans un emplacement libre, sur cet appareil ou un autre. Le bloc-notes de chaque partie est sauvegardé avec elle.

Le jeu utilise deux modèles : le modèle principal écrit le mois, les conversations et les réunions ; le modèle rapide fait les petites tâches. Par défaut, c'est le même modèle, sans réflexion. Si vous en choisissez deux différents et que le rapide ne commence pas à répondre en 14 secondes, il est mis de côté cinq minutes et le principal prend le relais. Dans Paramètres, Réglages avancés, vous pouvez choisir n'importe quel modèle proposé par OpenRouter, avec son prix.

Le modèle principal par défaut est DeepSeek V4.1 Flash, retenu pour son rapport entre qualité, prix et vitesse. Dans le réglage recommandé, il réfléchit avant d'écrire le récit ; vous pouvez couper cette réflexion dans les Réglages avancés pour aller plus vite. Il est servi par une trentaine d'hébergeurs chez OpenRouter. Le jeu n'accepte que ceux qui ne conservent pas vos textes, et demande parmi eux le plus rapide disponible : la liste est sur la page Confidentialité. Pour la même raison, les modèles gratuits, presque tous servis par des hébergeurs qui conservent les textes, ne fonctionnent pas dans le jeu.

Avec le modèle proposé par défaut, comptez environ 1 centime par mois de jeu et 50 centimes pour un mandat de cinq ans. C'est un ordre de grandeur : plus vous discutez et réunissez, plus vous consommez.

Jouer à Président